Qu'est-ce qu'une psychothérapie ?

Il est important de préciser avant toute chose qu'une psychothérapie se doit d'être effectuée par un professionnel de la santé psychique qu'est le psychothérapeute. Le statut des psychothérapeutes est réglementé en France depuis 2010. Le psychothérapeute se doit d'être inscrit sur la liste ADELI. La plupart du temps le psychothérapeute est soit psychologue clinicien soit psychiatre. Si vous allez voir un thérapeute, vérifiez bien ses formations et le fait qu'il soit habilité à mener une psychothérapie.
 
Pour définir ce qu'est une psychothérapie, on peut s'orienter vers la définition synthéthique de Didier Anzieu, qui était professeur émérite de psychologie à l'université Parix X-Nanterre.
Ce dernier énonce dans le Dictionnaire de psychologie (1991) que la psychothérapie est "une méthode de traitement des souffrances psychiques par des moyens essentiellement psychologiques. Selon la démarche utilisée, la psychothérapie cherche soit à faire disparaitre une inhibition ou un symptôme gênant pour le patient, soit à remanier l'ensemble de son équilibre psychique."
 
Ajoutons que cette définition peut être complétée notamment par les psychothérapies qui cherchent à soulager les souffrances d'origine psycho-somatiques.
 
On peut au-delà de cette définition s'interroger sur les caractétistiques nécessaires pour pouvoir véritablement parler de psychothérapie.
Il y en a trois centrales : la présence d'un modèle psychologique de l'homme, la proposition d'une psychopathologie et enfin l'existence de techniques d'intervention (Marc, 2017).
 
Tout d'abord, concernant la présence d'un modèle psychologique de l'homme, il faut effectivement qu'une psychothérapie développe des théories basées sur des connaissances testées et validées concernant le fonctionnement du psychisme humain. On peut ici penser aux thérapies cognitivo-comportementale (TCC) avec les lois du conditionnement (classique, répondant de Pavlov, opérant de Skinner) et les lois de l'apprentissage sociale (Bandura). Un autre exemple provient de la critique de la psychanalyse par rapport à la validation scientifique de ses modèles théoriques.
 
Ensuite, concernant la proposition d'une psychopathologie, une psychothérapie doit se référer à un modèle qui définit et qui classe les différents troubles mentaux. Certaines psychothérapies se servent par exemple des classifications internationales comme le DSM 5 ou la CIM 10. Un autre exemple nous vient de la psychanalyse et de la métapsychologie freudienne qui classe les troubles en trois grands axes : névrose, psychose, perversion.
 
Enfin, concernant l'existence de techniques d'intervention, les psychothérapies se doivent de disposer de telles techniques pour permettre aux troubles du patient d'évoluer voir de se résoudre. On peut ici penser aux thérapies cognitivo-comportementales (TCC) qui pour chaques troubles ont des techniques d'intervention particulières, des protocoles thérapeutiques propres à la problématique en question.
 
Après ces précisions, on peut faire le constat crucial : il existe de nombreuses psychothérapies. Jean Cottraux, psychiatre et psychothérapeute, figure française emblématique des thérapies cognitivo-comportementales recensait récemment à peu près 400 psychothérapies différentes dans le paysage du soin psychique. Ce paysage peut être cependant largement réduit si l'on tient compte seulement des psychothérapies les plus influentes et les plus pratiquées.
 
On peut citer : les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), la psychanalyse, l'hypnose, les thérapies systémiques familiales, les thérapies humanistes, la psychothérapie EMDR. Dans les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), on peut citer l'importance que prend la troisième vague avec les thérapies basées sur la pleine conscience et la thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT).
 
Il est important aussi d'expliciter le fait que les différentes psychothérapies se basent comme on l'a vu, sur différentes techniques et différentes théories, on parle alors de facteurs spécifiques.
Mais il existe également des facteurs communs, ce sont des variables qui contribuent au changement dans une psychothérapie et qui ne proviennent d'aucune approche théorique spécifique. On peut citer ici les facteurs relationnels comme l'alliance thérapeutique qui est une caractéristique fondamentale dans la réussite d'une thérapie. On peut citer les facteurs extra-thérapeutiques comme le caractère stable ou instable des individus, des couples, des familles, la motivation personnelle, les évènements de vie, le soutien social... Et enfin, on peut citer les effets placebo c'est-à-dire l'espoir et la crédibilité du thérapeute.
 
D'une manière générale, on peut énoncer 6 traits que l'on peut retrouver dans toute influence psychothérapeutique positive (Franck, 1959) :
 
1) Une relation intense, chargée d'émotion et caractérisée par la confiance avec une personne aidante qui a pour effet d'atténuer les sentiments de démoralisation et d'aliénation que ressent le patient.
 
2) Une rationalité ou un mythe qui inclut une explication de la détresse du patient et qui renforce indirectement la confiance dans le thérapeute
 
3) L'expérience de nouveaux apprentissages et comportements favorisés par le psychothérapeute par le biais d'un apport d'informations nouvelles concernant la nature et l'origine du problème du patient et par la découverte des différentes alternatives pour y faire face.
 
4) Les méthodes et les qualités personnelles du psychothérapeute qui accroissent la motivation, les attentes du patient vis-à-vis de la thérapie et l'espoir d'aller mieux dans le futur.
 
5) L'expérience de compétences personnelles et l'augmentation du sentiment de maitrise et d'auto-efficacité.
 
6) La réduction ou l'accroissement du niveau d'activation émotionnelle.